Mon enfant est très sensible au bruit : ce qu'il y a derrière et ce qui aide

Niña de unos cuatro años tapándose los oídos con las manos en medio de una fiesta infantil mientras el resto de niños juegan alrededor

Toute la semaine, il avait demandé quand aurait lieu l'anniversaire. Vous êtes arrivés, il a lâché ta main et il est entré en courant. Quarante minutes plus tard, il est sous la table des cadeaux, les mains sur les oreilles, et la seule chose que tu arrives à lui tirer, c'est qu'il veut partir.

Sur le chemin de la voiture arrive la phrase que tout le monde dit : lui qui avait tellement envie de venir.

Il n'y a presque jamais un coupable précis

La question qu'on pose toujours, c'est ce qui s'est passé. Et bien souvent, la réponse honnête est qu'il ne s'est rien passé de particulier.

La musique forte, vingt enfants qui crient en même temps, le déguisement qui gratte dans le cou, l'odeur de la salle, la lumière du plafond, la main d'un adulte qu'il ne connaît pas sur son épaule. Prises une par une, aucune de ces choses n'assomme personne. Ce qui assomme, c'est la somme. Elle s'accumule pendant la journée et elle ne se vide pas toute seule. Et il y a des enfants à qui tout ça arrive avec plus de force qu'aux autres. Ils atteignent donc la limite bien plus tôt.

Tu lui demandes de désigner un coupable alors que ce qu'il a, c'est une fatigue bizarre qu'il ne sait pas expliquer. C'est pour ça que « qu'est-ce qui t'arrive ? » ne mène presque jamais nulle part.

Et le « lui qui avait tellement envie de venir » : les deux sont vrais. Il en avait très envie, et il n'avait pas l'énergie pour deux heures entières.

Il y a autre chose qui déroute : le moment où l'effondrement arrive. Il se produit rarement pendant la fête. Il arrive à la sortie, dans la voiture, en ouvrant la porte de la maison, avec la personne qui le traite le mieux. Tenir au milieu des gens coûte de l'énergie, et c'est quand la pression retombe que tombe aussi ce qu'il tenait à bout de bras. Autant le prendre pour ce que c'est : quelque chose que répètent beaucoup les familles et les professionnels qui travaillent avec des enfants, sans étude solide derrière pour le démontrer. Ça colle bien à ce qu'on observe, et ça s'arrête là.

Si c'est au moment d'éteindre la lumière que la journée accumulée se voit le plus, c'est une autre conversation : tu l'as dans La peur du noir et les monstres imaginaires.

Il est déjà sous la table : que faire maintenant

D'abord, le sortir de là avant d'essayer quoi que ce soit d'autre. Le couloir, le palier, la rue, la voiture. Tant qu'il reste dans le bruit, aucune conversation n'est possible.

Dehors, moins il y a de mots, mieux c'est, et à voix basse. Pas de questions pour l'instant. S'asseoir à sa hauteur et attendre le temps qu'il faudra, c'est ennuyeux, et c'est ce qui marche. Si tu veux le détail de quoi faire exactement pendant ces minutes-là, tu l'as dans cinq techniques de co-régulation.

Enfant d'environ cinq ans assis par terre dans un couloir calme, à côté d'un adulte qui l'accompagne en silence

Ensuite, la décision inconfortable : y retourner ou rentrer à la maison. Si après un moment dehors il redevient disponible, on y retourne sans cérémonie. Si c'est toujours pareil, vous partez, et vous partez sans discours. Partir au bout de quarante minutes avec un au revoir tranquille laisse un meilleur souvenir de cette fête que tenir deux heures et sortir en le traînant. C'est ce souvenir-là qu'il emporte au prochain anniversaire.

La « haute sensibilité » est-elle un diagnostic ?

Non. Elle ne figure pas dans les manuels cliniques : c'est le nom que des psychologues ont donné dans les années quatre-vingt-dix à un trait de tempérament, et qui reste discuté. Il décrit les personnes qui traitent avec plus de détail ce qui se passe autour d'elles et qui, pour cette raison même, saturent plus tôt. Ça fonctionne par degrés : ton enfant peut se situer assez haut sans que ça en fasse une autre catégorie d'enfant.

Et il y a une idée associée qui compte sans doute plus pour toi que la définition, même si elle est encore à l'étude : chez ces enfants, ce qui leur coûte comme ce qui prend soin d'eux les atteint davantage.

Avant de mettre un nom dessus

Que le nom ne te ferme pas de portes. Être sensible au bruit ne dit pas d'où vient cette sensibilité, et il y a des choses à regarder avant de mettre ça sur le compte du caractère.

L'audition, d'abord. Les otites à répétition et le liquide dans l'oreille ne provoquent pas d'ordinaire une aversion au bruit (plutôt l'inverse : l'enfant entend moins bien et monte le volume), mais elles changent la façon dont le son lui arrive et ça vaut la peine de les écarter. Et il existe un tableau qui, vu de l'extérieur, ressemble beaucoup à ça et qui a un nom : l'hyperacousie, où des sons de volume normal sont vécus comme gênants ou douloureux. Un examen des oreilles chez le pédiatre écarte la première chose ; la seconde s'évalue en audiologie, donc si le doute persiste après la visite, demande une orientation.

Ce n'est pas la seule explication possible. Une réactivité élevée aux stimuli apparaît aussi dans l'autisme, dans le TDAH et dans les tableaux d'anxiété. Que le bruit le gêne ne désigne aucun d'entre eux, et c'est justement pour ça que « il est très sensible » ne devrait pas être la fin de la recherche si autre chose te chiffonne.

Quand il vaut mieux consulter. Quand ça gêne vraiment le quotidien malgré les ajustements déjà essayés : il n'arrive pas à manger à la cantine, même avec des aménagements ; il n'y a aucun endroit avec du monde où il tienne un moment ; le mal-être est presque quotidien au lieu d'être ponctuel. Et si en plus tu remarques que le langage tarde ou qu'il ne cherche pas les autres enfants, dis-le en consultation même si ça te semble hors sujet.

Rien de tout ça n'est là pour te faire peur. C'est pour que, s'il fallait autre chose, ça ne reste pas caché sous une explication qui paraissait suffisante.

Ce qui aide

Compter la journée comme on compte un budget. Un anniversaire, c'est en général gérable. Un anniversaire après la piscine et sans sieste, beaucoup moins. Quand la journée a deux gros rendez-vous, choisis-en un et garde l'autre pour un autre jour, même si les deux lui font envie.

Arriver avant les autres. Entrer dans une salle vide qui se remplit peu à peu n'a pas grand-chose à voir avec ouvrir une porte et tomber sur la fête déjà lancée. Ça vaut pour le parc comme pour le premier jour de classe.

Convenir de la sortie avant d'entrer. « Si à un moment tu veux sortir un peu, tu viens me chercher et on va dans le couloir. » À quatre ans, l'accord s'oublie dès qu'il voit le gâteau, alors prévois de le lui redire. Il entre quand même en sachant que la porte existe.

Avoir un endroit calme qui ne soit pas une punition. Un coin de la maison, ou le couloir à côté de la fête. La différence avec le coin de réflexion, c'est qu'on n'y va réfléchir à rien : on y va pour baisser le volume, et c'est tout.

Un casque ou des bouchons pour les moments qui, tu le sais, le débordent. S'ils l'aident pour les feux d'artifice, le sèche-cheveux ou l'aspirateur, qu'il les mette. À un enfant qui a besoin de lunettes, on ne demande pas de plisser les yeux plus fort. La différence, c'est que les lunettes se portent toute la journée et le casque non : il y a un débat sur le fait qu'un usage continu finisse par rendre l'enfant plus sensible au bruit, donc mieux vaut le réserver aux moments que tu connais déjà. Et si c'est à l'école qu'il en bave le plus, ça se discute avec l'établissement avant d'en parler avec lui.

Jusqu'où le protéger

Les deux solutions faciles échouent.

Si tu retires de l'agenda tout ce qu'il gère mal, son monde rétrécit sans que personne l'ait décidé. Et récupérer plus tard un endroit qu'on a cessé de fréquenter coûte bien plus que de l'avoir gardé avec des ajustements.

Si tu l'y mets quand même et sans aide, avec l'idée qu'il s'habitue, ce qu'il apprend, c'est que dans les endroits difficiles il est seul. Il en sort un enfant plus en alerte.

Ce qui marche d'habitude est au milieu, et c'est peu spectaculaire : des endroits difficiles à petites doses, en prévenant de ce qui va se passer, avec une sortie disponible et du temps de récupération après, sans remplir ce creux par une autre activité.

Et attention à l'étiquette dite à voix haute devant lui. « C'est qu'il est très sensible » nous échappe à tous devant l'école, et l'avoir dit ne casse rien. Mais répété devant lui, ça peut finir par devenir l'explication qu'il utilisera lui-même pour ne rien tenter. Dis-le à la maîtresse à un autre moment, quand il est loin.

Ça ne lui passe pas avec l'âge comme on perd une dent. Ce qui change, en général, c'est qu'il apprend peu à peu à repérer quand ça se remplit et à demander à sortir avant d'arriver au bout. C'est exactement ce que tu fais pour lui tant qu'il ne peut pas.

Un conte où le bruit fait vraiment mal

Dans Le Capitaine du Silence, il y a un kraken qui supporte depuis longtemps le vacarme des bateaux qui passent au-dessus de lui. Les capitaines qui arrivent ne voient qu'une créature qui gêne sur la route et essaient de l'écarter par la force. Le capitaine Sous-le-Vent, qui passe sa vie à étudier les animaux de la mer, regarde et écoute avant de décider quoi que ce soit. C'est le seul qui comprend ce qui se passe là-dessous.

Et la fin ne consiste pas à faire gagner quelqu'un. Personne ne demande au kraken de s'habituer au bruit et personne n'envoie les bateaux ailleurs : chacun cède un peu. C'est à peu près ce qu'il y a derrière une fête avec une sortie convenue d'avance.

Le Capitaine du Silence

Le Capitaine du Silence

Une amitié née du respect

Le Capitaine Sotavento est un garçon de dix ans qui aime la mer et étudie les créatures marines. Lorsqu'une importante route maritime est bloquée par un kraken, le gouverneur de l'Île Coralline offre une récompense à celui qui parviendra à la rouvrir. Tous les capitaines tentent de vaincre le kraken par la force, mais Sotavento choisit d'observer, d'écouter et de comprendre. Il découvre que le kraken n'est pas un monstre, mais un être qui souffre du bruit constant des navires. Alors que les autres échouent par la violence, Sotavento construit une amitié basée sur le respect et le silence partagé.

Lire ce conte pour enfants dans l'application Semillita

Au prochain article : quand la saturation ressort sous forme de bousculade. Pourquoi tant d'enfants de cet âge frappent, et ce qui aide vraiment.

Partager