« Pas ce t-shirt, j'en veux un autre » : ce qu'il y a derrière la phase du non

Niño pequeño en pijama decidiendo qué camiseta ponerse una mañana mientras un adulto lo acompaña con paciencia, la fase de la autonomía
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Il est 8h15. Mon petit est sur le canapé, où on l'amène chaque matin pour qu'il se réveille doucement. Je lui tends ses vêtements et, presque sans les regarder, il lâche : « pas ce t-shirt, j'en veux un autre ».

On avait cette scène presque chaque matin depuis des mois. On a mis un bon moment à comprendre que le problème n'était pas le t-shirt. Je le raconte parce qu'en chemin on a appris quelque chose qui, lu à temps, nous aurait épargné pas mal de disputes à cette heure si peu diplomatique de la journée.

Ce qu'il y a derrière le « non »

Entre 18 mois et 3 ans, beaucoup d'enfants traversent ce que le psychologue Erik Erikson a appelé l'étape de l'autonomie. Ils découvrent quelque chose d'énorme pour un si petit cerveau : qu'ils peuvent décider par eux-mêmes, s'opposer, agir avec leur propre volonté.

Le nôtre n'avait rien d'exceptionnel. La psychologie du développement décrit depuis des décennies cette étape avec des scènes presque calquées sur celle de ma cuisine : choisir ses vêtements, refuser de mettre une chose précise, insister pour le faire « tout seul ». Si le pourquoi t'intéresse plus posément, on le raconte en détail dans la phase du « non ».

Comment on l'a résolu peu à peu à la maison

Pendant que je lui prépare son sandwich pour l'école, je lui laisse ses vêtements à côté du canapé. Si ça lui va, parfait. Sinon, il se braque : « pas ce t-shirt, j'en veux un autre », et il va lui-même à l'armoire chercher le sien.

Quand on était justes en temps, on essayait de le convaincre : « allez, celui-ci est propre, il te va bien, on va être en retard ». Rien à faire. Sa réponse était toujours la même : « on arrivera ». Et, à bien y regarder, il avait raison. On le laissait choisir, il s'habillait, on arrivait.

Après plusieurs matins comme ça, on a arrêté d'en discuter. Maintenant on préfère qu'il choisisse directement, plutôt que de proposer et d'attendre le « non ». Et il s'est passé quelque chose de curieux : il ne refuse presque jamais ce qu'on lui pose. Soit il s'est détendu, soit on a enfin appris quels vêtements il ne veut pas. Probablement les deux à la fois.

Ce qu'on a compris, c'est quelque chose de plus grand : le problème du temps, c'était nous qui le voyions. Pour lui l'équation était simple : aller à l'armoire, l'ouvrir, choisir et enfiler un autre t-shirt, l'affaire d'une minute. L'en dissuader pouvait en prendre vingt. À cet âge, il ne vit pas encore l'horloge comme nous, les adultes.

Ce qui marche pour nous maintenant, presque jamais dans cet ordre :

  • Proposer deux options qui nous conviennent à tous. « Le bleu ou le vert ? ». Les deux sont propres et les deux conviennent pour sortir. Il décide ; le cadre, c'est nous qui le posons.
  • Quand il dit pas celui-là, le laisser aller à l'armoire. Souvent ça finit plus vite qu'une dispute, et la décision reste la sienne.
  • Ne pas entrer dans de longues négociations quand l'horloge presse. L'urgence, c'est nous qui la ressentons ; lui n'anticipe pas encore le temps comme un adulte.
  • Expliquer plus et ordonner moins. « On a vingt minutes avant de partir » ouvre une conversation ; « habille-toi maintenant » la ferme. La parentalité qui soutient l'autonomie observe depuis des décennies qu'expliquer le pourquoi d'une demande aide plus à la coopération que donner des ordres secs.
Une petite fille choisit elle-même un t-shirt dans le tiroir d'un air décidé, l'autonomie de la phase du non

Que tu sois sa mère, son père, sa grand-mère ou son grand-père, peu importe. Quand un enfant dit « pas celui-là, j'en veux un autre », il ne te défie presque jamais : il s'entraîne à décider. Et ça, même si c'est difficile à voir à 8h15, c'est exactement ce qui doit se passer à son âge.

L'histoire qu'on lit après les matins difficiles

Il y a une histoire qu'on finit par lire beaucoup juste après un matin comme ça : Le petit « Non » de Léo. Léo découvre qu'il a une voix et un jour se met à l'utiliser pour tout. Son sous-titre le résume mieux que moi : « Le superpouvoir de décider ». Parfois ça aide de mettre des mots sur ce que le petit a ressenti le matin, et le voir chez un autre, chez Léo, le lui rend plus facile.

Pas sans mon pull

Pas sans mon pull

Le superpouvoir de décider

C'est un matin pressé chez Léo. Ses parents lui ont préparé des vêtements, mais Léo ne veut pas les mettre : il veut son pull préféré, même s'il fait très chaud dehors. Plus ils expliquent et s'impatientent, plus fort il dit non. Jusqu'à ce que quelqu'un s'arrête, se mette à sa hauteur et le voie vraiment.

Lire ce conte pour enfants dans l'application Semillita

Un câlin, et beaucoup de patience si demain c'est encore l'histoire du t-shirt.

— Adrián, de Semillita

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